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Accidents de la route : Faut-il améliorer le contrôle technique ?

Face à la croissance du nombre des accidents de la route, le contrôle technique semble montrer ses limites quant à contribuer à l’objectif de réduire le nombre de drames qui se déroulent quotidiennement sur nos routes.

C’est dans ce contexte qu’a intervenu le sous-directeur de la circulation routière du ministère des travaux publics et des transports, Abdelghani Hamani, la semaine dernière dans une émission de la radio chaine 1. Il a estimé à un quart de million le nombre de véhicules recalés lors de leurs passages auprès de l’Enacta et des agences agréées par l’état, pour subir le contrôle technique, et ce depuis 2003 à ce jour. Cette opération obligatoire depuis la promulgation de la loi n°01-14 du 19 Août 2001, concerne l’ensemble des véhicules roulants : Véhicules de tourisme (tous les deux ans), véhicules de transport en commun de personnes et de matières dangereuses (tous les six mois), taxis, auto-école et ambulances (tous les six mois), véhicules de dépannage et de location (tous les ans) et véhicules de transport de marchandises (chaque année). Aussi, ce contrôle est obligatoire à chaque changement de propriétaire, à chaque ré-immatriculation et à chaque transformation notable opérée sur le véhicule.

Un contrôle technique sommaire ?

L’opération de contrôle technique subit par l’ensemble des véhicules roulants s’articule autour de neuf points de contrôle : Identification du véhicule, freinage, direction, visibilité, éclairage et signalisation, liaison au sol, structure et carrosserie, équipements, organes mécanique et pollution et niveau sonore. Ces neufs points de contrôle sont-ils suffisants pour contribuer à enrayer les disfonctionnements de véhicules âgés, sachant leur usage intensif ? Au regard de la courbe des statistiques, et même si l’année 2020 a vu cette courbe chuter pour la première fois depuis plus de trente ans, il ressort qu’avec plus de 4 000 décès par an en moyenne, pour un parc roulant estimé à près de 6,5 millions de véhicules, la réponse est non ! En effet, notre pays se positionne malheureusement, dans le peloton de tête, dans le classement des pays dont le nombre de morts est provoqué par les accidents de la route. Alors, quelles en sont les raisons ?

Sans être exhaustif, et selon de nombreuses études rendues publiques, il est certain que le manque de civisme des conducteurs algériens est la première cause de cette dramatique réalité. La route étant un espace commun, les conducteurs n’arrivent toujours pas à intégrer les notions de partage de cet espace dans le respect des uns vers les autres. Les conditions d’obtention du permis de conduire ainsi que le programme de formation proposé, restent insuffisants pour faire des futurs conducteurs, des routiers conscients de leurs responsabilités. La légèreté avec laquelle est constatée quotidiennement ce manque de respect au code de la route est effarante !

Incivisme, contrefaçon et parc vieillissant !

Aussi, il convient de souligner qu’au regard d’un pouvoir d’achat de plus en plus mis à mal, les algériens tendent à recourir à l’usage de la pièce de rechange contrefaite, plus accessible, mais souvent au détriment de leurs propres sécurité et de celle des autres. Si on ajoute qu’en termes d’entretien et de réparation, les automobilistes préfèrent en général, s’adresser au mécanicien du coin, principalement pour des raisons financières, sachant qu’il n’offre pourtant pas toujours, un entretien ou une réparation aux standards requis. Ce phénomène s’accentue dès la fin de la durée du contrat de garantie. Comme depuis le premier janvier 2017, les importations de véhicules neufs par les concessionnaires sont suspendues, le parc automobile a fait un bond en arrière en termes d’âge. En effet, son renouvellement qui était en bonne voie a été brutalement stoppé. Aujourd’hui, l’âge moyen de notre parc dépasse largement les 14 ans, selon certaines sources.

Nos routes sont malheureusement et depuis des décennies, le théâtre quotidien de drames endeuillant de milliers de familles

Bien entendu, d’autres paramètres contribuent à la situation que nous connaissons. Outre un réseau routier loin d’être conforme aux standards internationaux, il y a également lieu de souligner que les sanctions ne sont pas toujours à la hauteur des infractions commises. Il serait judicieux de rappeler que depuis que le port de la ceinture de sécurité a été rendu obligatoire, avec le paiement d’une lourde amende en cas de constat de non-respect de cette obligation, l’écrasante majorité des automobilistes la respectent aujourd’hui presque naturellement. Il faudra donc revoir le type de sanction en mettant l’accent davantage sur le portefeuille, seul à même de dissuader bon nombre de chauffards à mettre leurs vies et celles des autres usagers de la route, en danger. En parallèle, un travail d’éducation devrait être mis en œuvre au niveau des écoles. Les nombreuses campagnes de sensibilisation déployées depuis des décennies, n’ont jamais obtenu les résultats escomptés. Il y a lieu également de revoir ce type de communication qui devraient être plus percutantes, dans le but de provoquer le déclic permettant une réelle prise de conscience du plus grand nombre d’automobilistes.

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Un commentaire

  1. Actuellement le controle se fait en 10 minutes en moyenne. On controle la suspension et les freins. Donc deux points , loin des 9 points que l’on estime deja insuffisants. Peut on réellement contrôler un véhicule au prix de 1290 DA TTC ?
    L’État fait semblant de payer les agents de contrôle , et ceux-ci font semblant de contrôler !

    En ce qui concerne les accidents il est évident et sans nul besoin de recourir aux statistiques que la raison principale est le manque de civisme et le comportant sauvage des automobilistes.

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